Grande table ronde publique à Bibliothèque et archives Canada

Synthèse de la table ronde, par Esther Frigon, étudiante à la maîtrise en sociologie, Université d’Ottawa

 

Pour Joel Westheimer, il y a trois types de citoyenneté sont transmis dans les écoles :

  1. Le citoyen responsable : bonne personne et résiliente (le bon voisin)
  2. Citoyenneté participative : Comment le gouvernement fonctionne, prendre part et organiser des projets dans la collectivité.
  3. Citoyenneté de justice sociale : personne qui à une pensée critique et questionner la société.

 

Les recherches de Westheimer conduites en grande majorité aux États-Unis, ont révélé que les programmes d’éducation tentent davantage de former un citoyen de type «responsable». Ainsi, rares sont les programmes scolaires qui adoptent une perspective d’éducation à la citoyenneté de type «justice sociale».

 

Pour Westheimer, «l’éducation permet à la fois de conformer au trouble ainsi que de troubler le confort ».

 

Pour Michel Venne, former les citoyens de demain exige d’abord de réfléchir à un nouveau monde avec les jeunes d’aujourd’hui. Ce travail de former les citoyens de demain et d’aujourd’hui exige d’abord que les membres de communauté puissent lire et écrire, connaître ses droits tout en développant un souci de l’autre. M. Venne propose ensuite trois éléments essentiels afin de former les citoyens de «demain» :

 

  1. Responsabilité ; une écoute bienveillante et être en mesure de prendre soin des personnes qui nous entourent.
  2. Désir de gagner, de vaincre, afin que les jeunes aient le goût de l’avenir et de participer au niveau politique pour influencer le pouvoir. Permettre à la jeunesse de développer ses capacités de convaincre, d’écouter l’autre et de rechercher le consensus. Bref, un refus du déterminisme et une volonté de gagner avec bienveillance
  3. Capacité de comprendre les systèmes pour les changer. Développer une pensée stratégique afin d’identifier les forces de ces derniers.

 

Andrée Newell explique que pour former les jeunes, la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) propose d’abord des expériences pour qu’ils puissent se découvrir et cerner leurs intérêts pour ensuite les amener à s’engager en ce sens. La première étape correspond alors à un exercice de découverte de soi.

 

Newell soutient que la FESFO travaille à créer un sentiment d’appartenance entre les jeunes afin qu’ils puissent construire une identité individuelle et de groupe. L’objectif est donc de mettre en place un mouvement pour et par les jeunes capables d’intervenir dans leur milieu sur des enjeux qu’ils considèrent importants. Par exemple, l’environnement ou encore la question des identités sexuelles (LGBTQ+).

 

La directrice générale de la FESFO affirme qu’il faut soutenir et encourager l’apprentissage par l’action afin d’assurer une formation à la citoyenneté pertinente et adéquate. En valorisant les passions des jeunes, la FESFO tente d’amener ces jeunes à exercer du pouvoir dans leur milieu de vie. Elle souligne ainsi l’importance de former des leaders « d’aujourd’hui » par l’expérimentation, c’est-à-dire de les accompagner à prendre des risques, oser agir, avoir le courage d’affirmer ses convictions, etc.

 

D’où l’importance, selon Madame Newell, d’offrir autant d’espaces formels qu’informels, et ce, au sein et à l’extérieur de l’école pour multiplier les chances d’inciter les jeunes à s’engager dans leur milieu. Cette pluralité des lieux de participation permet, dès lors, de répondre à plusieurs besoins chez les jeunes soit la création d’un sentiment d’appartenance (milieux informels) ainsi que d’apprendre à questionner et agir en société (milieux formels).