BLOC 1 : Panel

Synthèse du panel, par Martine Rondeau, étudiante à la maîtrise en sociologie, Université d’Ottawa

Quelles sont les compétences et connaissances que doivent avoir les citoyens pour participer à une démocratie en profonde transformation?

Christine Ebrahim, directrice générale du Centre de développement pour l’exercice de la citoyenneté, discute de la question des inégalités évidentes chez une démocratie en pleine transformation. Elle fait alors une promotion de la participation citoyenne, plus spécifiquement auprès des jeunes : il faut encourager le dialogue auprès de cette population d’âge, qui peut devenir une forme de participation citoyenne. Mme Ebrahim nous rappellent que les initiatives individuelles ont le pouvoir de devenir des initiatives collectives.                   

Andréane Brillant- Poirier, coordinatrice des programmes locaux de la Fondation Filles d’action, discute également des inégalités qui existent dans notre démocratie en pleine transformation, en mettant l’emphase sur les inégalités entre les genres. Il faut être conscient de la variable du genre dans la question de la citoyenneté : par exemple considérer les différences qui peuvent exister entre les genres face à la participation citoyenne et la discrimination systémique vécue par les jeunes filles lorsqu’elles tentent de participer. À ce niveau, Mlle Brillant Poirier discute de l’importance de l’éducation populaire et le développement des compétences chez les jeunes filles, notamment l’esprit critique et la communication. Elle nous explique donc la réussite des initiatives (comme Fondation Filles d’action) qui ont su jumeler programmes locaux et l’éducation à la citoyenneté.

Les professeures de la Faculté droit de l’Université d’Ottawa, Nathalie Bélanger et Mona Paré, nous entretiennent des compétences et capacités propres aux enfants. Tout d’abord, elles insistent sur l’importance de reconnaître et de comprendre les droits des enfants dans le contexte des démocraties : par exemple, comprendre leurs contextes d’inégalités, savoir que l’enfance est une construction sociale divergente d’un scénario à l’autre, etc. Dans bien des cas, l’autonomie des enfants est mise en doute, c’est- à- dire nous doutons qu’ils soient réellement des citoyens crédibles. Hélas, au lieu d’envisager les enfants comme des citoyens actifs, nous nous attardons plutôt à les « former pour demain ». C’est dans ce sens que Mme Bélanger et Mme Paré nous disent, lorsqu’il s’agit des enfants, qu’il ne faut pas se concentrer à former les citoyens de demain, mais plutôt à former les citoyens d’aujourd’hui.

Lucie Sauvé, directrice du Centre de recherche et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE), nous discute d’une responsabilité pressante et particulière des citoyens de demain. Il s’agit de l’écocitoyenneté (à ne pas confondre avec l’écocivisme). Selon elle, l’écocitoyenneté n’est qu’une autre dimension à la Cité : il faut combler la niche écologique de façon responsable dans la Cité. Après tout, la nature est un sujet de droit des citoyens, car la violence contre les humains et la violence contre la nature est essentiellement participative. Mme Sauvé nous rappelle que la démocratie écologique est essentiellement participative.

À la fin du panel, Marie Hélène Labory, bibliothécaire scolaire, insiste sur l’importance des médias et du traitement de l’information pour l’éducation à la citoyenneté. Les médias peuvent être utilisés par les citoyens comme des outils supplémentaires à la participation citoyenne : il faut donc forcément savoir comment utiliser ces médias. Puis, pour savoir comment éduquer à la citoyenneté, il faut également déterminer les besoins de l’information dans les milieux scolaires et éducatifs.

Suite aux réflexions des panélistes, Michel Venne résume l’ensemble des compétences et des connaissances que doivent avoir les citoyens pour participer dans une démocratie en profonde transformation. Notamment, les citoyens doivent faire preuve d’esprit critique, de confiance en soi, pouvoir utiliser et comprendre l’utilisation des médias et des informations, savoir communiquer efficacement, savoir s’exprimer et faire des choix, connaître ses droits, respecter les différences, et développer une vision du monde. Tout de même, il faut prendre en compte certains défis, obstacles et conditions à ces compétences et connaissances, comme les préjugés et les inégalités, l’approche et le conditionnement psychologique et développemental auxquels sont soumis les enfants en particulier.